Notre histoire

L’AIM : répondre aux besoins des enfants invisibilisé·es

L’AIM est née de la volonté de garantir aux enfants sans statut légal1 l’accès à la scolarité et aux loisirs, alors qu’ils et elles sont trop souvent oublié·es des dispositifs d’urgence. Le projet s’appuie sur l’expérience professionnelle de Tiberiu Moldovan, travailleur social, traducteur et médiateur, engagé entre 2013 et 2019 auprès d’enfants en situation de vulnérabilité et de leurs familles, en lien avec de nombreux partenaires institutionnels. Son travail auprès des familles en grande précarité à Genève vise notamment à proposer des alternatives à la mendicité aux mineur·es vivant à la rue, à travers des activités de loisirs de jour. Cette expérience démontre l’efficacité des réponses sociales lorsqu’elles sont adaptées aux situations rencontrées. Elle renforce la conviction de Tiberiu Moldovan qu’il est indispensable de mettre en place des solutions durables pour tou·tes les enfants à la rue et/ou sans statut légal, qu’ils et elles soient roms ou non. C’est dans ce contexte qu’est créée l’AIM.
Au fil du temps, l’association élargit son action au-delà de la scolarité et des loisirs pour répondre aux besoins essentiels des familles2, notamment en matière de logement, à travers la mise en place d’un abri d’urgence puis de logements-relais sur le canton de Genève.

1. En Suisse, plusieurs milliers d’enfants et d’adolescent·e·s vivent sans statut légal, souvent parce que leurs parents sont sans papiers ou déboutés de l’asile. Ils grandissent dans la peur, la précarité et l’isolement, sans pouvoir faire valoir des droits pourtant garantis par la Constitution et la Convention de l’ONU relative aux droits de l’enfant. Leur accès à la formation est restreint : crèches rarement ouvertes, impossibilité d’entrer en apprentissage ou de poursuivre des études secondaires faute de permis. Arrivés à la fin de la scolarité obligatoire, beaucoup n’ont d’autre choix que le travail au noir ou l’inactivité.

2. L’AIM s’inscrit dans les actions permettant aux enfants et adolescent·es de bénéficier de leurs droits à l’éducation et à la santé sur le territoire genevois (voir Prise de position Réseau suisse des droits de l’enfant (recommandation 39b) et Convention relative aux droits de l’enfant de l’ONU (recommandation n°38)).

L’AIM: une chronologie des projets


Octobre 2019 marque la création officielle de l’association. Animé par la même conviction, un petit groupe de travailleur·ses sociaux·ales soutenu·es par l’ancien directeur d’une association genevoise active contre la pauvreté, se réunissent. Leur mission : rendre ces familles visibles, protégées et accompagnées.

Décembre 2020, une première action est menée par l’AIMSLFG (AIM) en collaboration avec cinq associations et collectifs durant la période du COVID. Un Sourire à Noël voit le jour. Cette initiative solidaire vise à offrir des cadeaux de fin d’année à 500 familles en situation de précarité.


Juin 2021, un constat s’impose, les mineur·es vivant une grande précarité sont largement exclu·es des loisirs et des espaces de socialisation. Le comité s’accorde sur l’importance d’organiser des Activités Estivales trois jours par semaine. Les loisirs sont un droit et un levier essentiel contre l’isolement. Des journées d’accueil avec animations sont ainsi proposées durant les vacances scolaires d’été. Elles deviendront par la suite les Animations Vacances pour s’étendre sur les treize semaines de vacances scolaires.

Septembre 2021, un autre constat alarmant émerge. La pandémie de COVID-19 accentue fortement la précarité. Environ 70 enfants vivent à la rue avec leurs parents à Genève. L’AIM mobilise alors son réseau, récolte des fonds privés, obtient un soutien financier de la Ville de Genève et bénéficie de la mise à disposition de locaux à Vernier. Le Sleep-in Familles, structure d’accueil de mise à l’abri d’urgence nocturne, se met en place dans sa première version à l’automne 2021, grâce aux fondations immobilières de droit public. Il s’agit d’un endroit où dormir et manger pour les familles à la rue.

Décembre 2021, l’association poursuit seule Un Sourire à Noël et rend depuis, tous les ans, à 500 familles, le sourire dans la dure période des fêtes de fin d’année.


L’hiver continue. Le Sleep-in Familles reste ouvert jusqu’au 24 avril 2022. Il permet à des mineur·es et à leurs familles de trouver un abri chaud et sécurisant. Ce répit humanitaire temporaire permet d’accueillir jusqu’à 16 familles dormant dans la rue, dont 42 mineur·es.

Le 25 avril 2022, la LAPSA (loi d’aide pour les personnes sans-abri)3 entre en vigueur, garantissant un accueil inconditionnel et la couverture des besoins vitaux des personnes sans-abri, loi votée par le Grand Conseil le 3 septembre 2021. Dès lors, notre structure de mise à l’abri est subventionnée chaque année.

Par ailleurs, un soutien de la Ville de Genève permet l’utilisation de l’abri PC de Châtelaine, suite à la destruction programmée des locaux initialement mis à disposition. Aujourd’hui, 80 personnes sont accueillies dont environ 50 enfants chaque soir.


Avril 2022, quatre appartements sont proposés à l’AIM par une fondation immobilière de droit public partenaire afin de loger des familles vulnérables, travaillant à Genève. L’objectif est de leur permettre de stabiliser leur situation financière et administrative, de travailler leurs projets d’avenir et de bénéficier d’un accompagnement individuel.
Les familles précaires qui ont un emploi ne trouvent pas de logement à Genève. La crise de l’immobilier touche le Canton de Genève depuis plusieurs années. La Chambre genevoise immobilière craint ainsi une pénurie sans précédent dès 2030, avec des loyers qui deviendront inabordables pour de nombreux·ses locataires.
L’AIM mobilise alors son réseau, récolte des fonds privés et choisit de développer le projet logements-relais. Le but : offrir un toit et un accompagnement social afin de renforcer leur autonomie globale (soutien au travail, à la santé, à l’éducation financière, à la scolarisation, à la formation).
Octobre 2023, une équipe structurée d’assistant·es sociaux·ales, est engagée dans le cadre des Logements-relais. D’autres fondations s’impliquent progressivement, ce qui permet d’augmenter le parc de logements pour atteindre aujourd’hui une cinquantaine d’appartements.